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La quatrième édition des Journées de l'Économie a débuté ce matin à la Bourse du Travail de Lyon avec une première grande conférence consacrée à la mondialisation.
A cette occasion, le public a pu écouter puis poser des questions à des experts reconnus en la matière, parmi lesquels Bernard Hoekman, directeur du département commerce international à la Banque mondiale et Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Intervenant à titre de Grand témoin des Journées de l'Économie, c'est au président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, qu'est revenu l'honneur de conclure le débat.
Pascal Lamy (OMC), Jean-Marc Vittori (Les Echos) et Jean-Pierre Jouyet (AMF)
(c) Comment'aire
Pascal Lamy : "Je crois qu'il faut domestiquer la mondialisation"
Pour le directeur général de l'OMC, la mondialisation est un choc ricardo-schumpeterien. La vitesse et la force du développement des pays émergents, combinés aux gains d'efficience permis par la division internationale du travail et les progrès de la technologique bouleversent les structures économiques et sociales, dont la transformation est difficile à gérer.
La crise que nous traversons est liée à un défaut de régulation de l'industrie financière ainsi qu'à un défaut de gouvernance politique internationale. Sur ce point, Pascal Lamy souligne que l'OMC a une autorité exécutive extra-limitée, car elle doit rendre des comptes aux États membres. Par conséquent, l'État qui s'oppose à davantage de régulation dispose d'un pouvoir de blocage important.
"L'éducation, c'est là que réside l'essentiel du problème"
Si la France est victime de la mondialisation – si tant est qu'elle le soit - c'est parce qu'elle est naïvement ouverte ou offerte aux échanges. Un postulat que Pascal Lamy conteste.
D'après lui, si la France peine à tirer avantage de la mondialisation, c'est du à la faiblesse de sa compétitivité hors-prix, une compétitivité qualité qui repose sur la recherche, l'innovation, l'éducation, la qualification, les marques ou encore les tissus de PME. Et de conclure : "l'éducation, c'est là que réside l'essentiel du problème".
Bernard Hoekman : "500 millions de Chinois et 200 millions d'Indiens sont sortis de la pauvreté grâce à la mondialisation"
Jean-Pierre Jouyet,
Pierre-Noël Giraud (Mines Paris Tech) et Bernard Hoekman
(c) Comment'aire
Si la mondialisation a pour corollaire un accroissement considérable de la compétition et de la volatilité des prix, il ne faut pas pour autant occulter ses aspects positifs. Selon Bernard Hoekman, 500 millions de Chinois et 200 millions d'Indiens sont sortis de la pauvreté grâce à la mondialisation.
Pour ce haut fonctionnaire de la Banque mondiale, le protectionnisme n'est pas la solution aux conséquences fâcheuses de la mondialisation. Chiffres et graphiques à l'appui, il a tenté de convaincre l'auditoire que l'investissement dans l'éducation est le plus sûr moyen pour les États de tirer partie de la mondialisation.
Pascal, Lamy qui vous veut du bien
Interrogé sur la lutte contre le dumping social et environnemental des pays émergents, Pascal Lamy a exprimé ses réserves sur l'opportunité d'instaurer une taxe carbone européenne.
Favoriser les produits ayant induit moins d'émissions de dioxyde de carbone en mettant en place une barrière à l'échange est un dispositif autorisé par les règles de l'OMC, mais qui n'aurait pas les effets environnementaux attendus.
En effet, contrairement aux idées reçues sur la question, certaines productions européennes seraient plus carbonées que les productions en provenance des pays émergents. Partant de ce constat, il suggère avec malice d'instaurer une subvention à l'importation plutôt qu'une taxe sur les produits extra-européens.
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